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Clos de Vougeot, les multiples influences d’un même climat


STEPHANE COMPOINT/ONLYFRANCE

Lorsque vous empruntez la belle départementale qui mène de Dijon à Beaune (Côte-d’Or) surgit sur la droite une vigne qui descend en pente douce d’un coteau vers la route. On ne peut pas la louper, même si elle ne s’étend que sur un kilomètre et qu’il y a tant de vignes dans ce paysage vallonné, duquel, quand le temps change, on peut distinguer au loin le mont Blanc. Il s’agit d’un des sites les plus prestigieux au monde, le Clos de Vougeot, un grand cru planté sur le village de Vougeot, qui tire son nom de la Vouge, la rivière qui le traverse.

Ce que l’on remarque d’abord, c’est le mur de pierres plates et sombres d’un bon mètre de haut qui ceinture entièrement le grand cru. La clôture pierreuse est une des marques du vignoble bourguignon ; elle signe son fort morcellement, à l’opposé des vastes étendues libres de vignes dans le Languedoc ou le Bordelais. Orienté plein est, vers le soleil levant, le Clos de Vougeot semble modeste avec ses 50,97 hectares, mais c’est le clos le plus grand de la région, et son mur est le plus long (3,2 km).

Sa clôture accentue l’impression que le cru est un bloc uni et cohérent – un seul sol, une seule propriété, un seul vin. L’œil est trompeur. Le cépage est uniquement du pinot noir, mais sinon, c’est une mosaïque complexe, qui « cache bien son jeu », résume Jean-Nicolas Méo, le deuxième plus gros propriétaire du clos, avec 3,3 ha de vignes.

82 propriétaires

Partons justement des propriétaires. Les bénédictins, qui délimitent le site au XIIe siècle, le possèdent alors entièrement. Un jeu de Monopoly s’instaure après la Révolution. Au point qu’aujourd’hui pas moins de 82 propriétaires se partagent la terre du clos, dont 67 font du vin sous leur nom (les autres confient leur raisin à d’autres), explique Laurent Gotti, qui a édité une carte précise du clos-de-vougeot en 2018.

« On connaît tous le nombre de rangs que l’on possède », explique la vigneronne Anne Gros

Mais aucune barrière, aucun chemin, aucune pancarte n’identifient les lots. « On est rang contre rang entre voisins », raconte François Labbé, qui est à la fois le président de l’organisme de défense et de gestion du clos-de-vougeot et le plus gros propriétaire, avec 5,48 ha. D’autres ne possèdent que quelques ares. Comment s’y retrouver ? « On connaît tous le nombre de rangs que l’on possède, répond la vigneronne Anne Gros. Ça m’est arrivé une fois que mon voisin vendange un de mes rangs parce que son équipe n’avait pas été assez préparée. Nous avons vite réglé le problème. »

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