Passion Vin

Le patron Jean-Claude Fayat, entre vigne et BTP


Rien ne fait plus plaisir à Jean-Claude Fayat que de se promener dans ses vignes du Château La Dominique, son grand cru classé de 29 hectares à Saint-Emilion. Il est vrai que cela doit le changer de son activité principale. Cet homme de 62 ans est à la tête du Groupe Fayat, quatrième acteur du BTP en France, dont le siège est à Bordeaux, et qui emploie plus de 20 000 personnes dans le monde. S’il affiche une tête bien ronde, il n’a pas la grosse tête, reste affable, s’avoue même gourmand, avec un faible pour la cuisine italienne et les éclairs au chocolat.

Il y a un temps pour tout : « Je travaille beaucoup, mais pas tout le temps, cela serait contre-productif. » Cet empire du bâtiment, dont il a repris les rênes en 2013, a été bâti par son père Clément, ouvrier maçon dont la première langue était le patois corrézien, lui-même fils de maçon et de paysan, à Servières-le-Château. « Le Groupe Fayat pèse 4,5 milliards d’euros et les vignobles un peu plus de 4 millions, dit-il, pour donner la mesure des choses. Mais proportionnellement, je passe beaucoup plus de temps dans les vignes. »

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Clément Fayat, 87 ans, vit dans le Médoc, au château Clément Pichon, de type Renaissance, qu’il a acheté en 1976. Alors que le bastion de Jean-Claude, c’est bien La Dominique, que son père a acheté en 1969. « J’avais 11 ans à l’époque, se souvient-il. Les cuves en bois se trouvaient dans ce qui est devenu la boutique. On habitait à cinq kilomètres, à Libourne, où je suis resté jusqu’à mon bac. J’ai donc grandi ici et j’avoue que la saison des vendanges est ma préférée. »

« Rester humble »

Jean-Claude Fayat ne manque jamais les assemblages de ses crus, même s’il confesse ne pas être le meilleur en la matière. Son ami Michel Rolland, le célèbre œnologue, conseille La Dominique depuis cinquante ans, soit depuis la reprise par Clément Fayat. Entre-temps, le Château s’est transformé aussi bien côté vignoble que côté cuvier. « C’est mon père qui a eu l’idée de faire appel à Jean Nouvel pour le nouveau chai », reconnaît le fils avec un respect non feint.

« Pour nos différentes entreprises, le vin représente un facteur de synergie et d’excellence », analyse Jean-Claude Fayat.

Mais Jean-Claude ne se repose pas sur ses lauriers : il a acquis en 2019 le Château d’Aney, un cru bourgeois dont les 14 hectares de vignes seront annexés à Clément Pichon. « Pour nos différentes entreprises, le vin représente un facteur de synergie et d’excellence, analyse Jean-Claude Fayat. Comme on est un groupe familial, on a une histoire à raconter et des valeurs. La première est le travail, c’est sûr, puis le respect des hommes et, enfin, rester humble. »

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