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L’Hermitage, une colline façonnée par l’homme


PHILIPPE FOURNIER/ONLYFRANCE.FR

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Publié aujourd’hui à 17h00, mis à jour à 17h23

L’homme n’a pas construit la colline. Mais il y a créé l’hermitage. Un vignoble mythique, qui doit tout aux bâtisseurs. Sans eux, le paysage n’aurait pas le même attrait. L’appel à la vigne est une évidence. Le relief l’impose. De tous les paysages de la vallée du Rhône, celui-ci est le plus irrésistible. Il attire les marcheurs, dont les pieds sont aimantés vers son sommet. Et là, ils sont essoufflés mais épatés par la vue.

Ils contemplent les départements de la Drôme et de l’Ardèche, avec, pour frontière, le fleuve Rhône. Ils voient d’autres vignes, d’autres appellations : crozes-hermitage en contrebas, saint-péray au sud, le long vignoble de saint-joseph en face. Et, plus au loin, le massif du Vercors, le mont Blanc. A 360 degrés, tout est beau. « Ils disent tous la même chose : waouh, on n’a jamais vu cela !, explique Marie-Josée Faure, directrice de Terres de syrah, le département œnotourisme de la Cave de Tain. Et pourtant, nous avons des touristes qui parfois viennent d’une croisière sur le Rhône, ont l’habitude de visiter des vignobles. Mais le dénivelé, le panorama, la vue sur les méandres du fleuve, tout est spectaculaire. »

Cette coopérative de qualité se trouve au pied de la colline. Avec vue directe sur les rangs de vigne en terrasses, au-dessus de son toit. La cave possède 22 hectares d’hermitage et en vinifie huit supplémentaires. Elle est l’un des principaux exploitants parmi la trentaine de propriétaires qui se partagent cette toute petite appellation de 136 hectares.

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En contrebas, il se passe quelque chose d’unique : le Rhône coule dans un sens improbable. Alors qu’il perce la France du nord au sud, ici, et rien qu’ici, il fait un détour, change soudain d’orientation, et coule d’ouest en est. Sur sa rive gauche, le versant de l’Hermitage, couvert de vigne, est donc exposé plein sud. Ce vignoble profite ainsi d’un ensoleillement maximal, du levant au couchant, sans obstacle, idéal pour la maturité des raisins.

Des Romains au Moyen Age

Avec de tels dévers qui évoquent le vignoble de côte-rôtie ou celui de condrieu, au nord de l’appellation, que planter d’autre que de la vigne ? On y produit du vin depuis les Romains. « La colline n’a pas tellement changé au fil des siècles, remarque Jean Roquebrun, président de l’association Tain, Terre et Culture. La vigne est arrivée par les Grecs et les Romains, comme en témoignent les amphores retrouvées au pied de la colline. Au Moyen Age, tout est déjà en place : une liste datant de 1380 détaille les propriétés, avec les emplacements de parcelles qui perdurent aujourd’hui, comme Greffieux au bas, Méal au-dessus, Bessards plus à l’ouest. A l’époque, chaque habitant y possédait un bout de vigne. »

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