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Saint-Emilion, un classement des crus revu tous les dix ans


De tous les classements de vignobles, celui de Saint-Emilion est le seul qui soit revu tous les dix ans. C’est le cas depuis sa mise en place en 1955. Il se distingue donc de celui de la rive gauche du Bordelais, dans le Médoc, instauré en 1855, et qui, lui, est intangible quels que soient les hauts et les bas des propriétés. Le dernier classement à Saint-Emilion, en 2012, distingue 82 propriétés classées selon une hiérarchie bien codée, du bas vers le haut : 64 grands crus classés, 18 premiers grands crus classés dont 4 premiers grands crus classés A – le saint des saints.

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La prochaine compétition a été lancée le 16 mai. Elle s’apparente à un parcours du combattant, le résultat n’étant rendu qu’en 2022. Il s’agit d’un concours de beauté mais sans numerus clausus, sauf que les places sont chères et les changements peu nombreux. Le choix appartient à un jury de sept membres, désignés par le ministère de l’agriculture et l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO). Les noms de ces juges du vin seront connus dans les jours prochains.

« Enjeu colossal »

« On frémit déjà dans les propriétés, explique Franck Binard, directeur du Conseil des vins de Saint-Emilion, tant l’enjeu est colossal, sur le prix de la bouteille, bien sûr, et peut-être encore plus sur la valeur du foncier. » Un meilleur classement permet en effet à des propriétés de changer de dimension. Une bouteille de Saint-Emilion non classée se vend autour de 18 euros au consommateur, alors qu’un premier grand cru peut atteindre 500 euros et même davantage. Quant au prix à l’hectare, les chiffres grimpent aussi de façon astronomique, ce qui valorise la propriété au point parfois de poser problème lors de successions familiales.

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Les conséquences du classement sont si lourdes que celui de 2006 a donné lieu à des contestations et conflits judiciaires, au point qu’une nouvelle réglementation a été mise en place en 2009, suivie d’un nouveau classement anticipé en 2012, pour apaiser les débats. « On attend encore la décision du Conseil d’Etat pour entériner le classement de 2012 », explique Franck Binard. Cette année-là, les Châteaux Croque-Michotte, Corbin-Michotte et La Tour du Pin Figeac ont remis en cause le palmarès, qui a permis à Angélus et Pavie de rejoindre Ausone et Cheval blanc dans le cercle fermé des premiers grands crus classés A.

Toujours en 2012, les Châteaux Mondotte et Canon La Gaffelière étaient promus premier grand cru avec une autre propriété, Château Valandraud, du bad boy de Saint-Emilion, Jean-Luc Thunevin. Ce dernier commercialise en effet un vin confidentiel, convoité par quelques amateurs fortunés, qui avait pour particularité d’être plus cher que d’autres qui étaient classés.

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